La législation française vous permet d’ouvrir une boutique CBD légale, sous réserve de respecter des conditions très strictes. Plusieurs entreprises ont été contraintes de fermer leur magasin de CBD (cannabidiol). Illumination des engrenages de cet imbroglio légal…
Quelle différence entre CBD légal et THC ?
Dans le vaste monde du cannabis, deux molécules dominent l’attention : le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) et le CBD (cannabidiol). Le THC concentre tous les regards des autorités françaises. Cette substance, reconnue pour ses effets psychotropes, perturbe l’activité cérébrale et figure sur la liste noire des drogues interdites en France. Production, distribution, consommation : le législateur ne laisse rien passer. Résultat : toute forme de cannabis « récréatif », qu’on l’appelle « joint », « herbe » ou sous n’importe quel autre nom, reste dans l’illégalité.
De l’autre côté, le CBD se distingue. Aucun effet planant, pas de composant psychoactif. Son action ne touche ni le système nerveux, ni la conscience. Voilà pourquoi on peut, en France, commercialiser des produits au CBD, à condition stricte qu’ils ne contiennent pas de trace de THC et que seules certaines parties du chanvre soient utilisées.
Quelles sont les règles pour qu’un magasin CBD soit légal en France ?
Face à la multiplication des ouvertures de boutiques CBD dans l’Hexagone, la mission interministérielle de lutte contre la drogue et les addictions (MILDECA) a publié le 11 juin 2018 une mise au point attendue sur la vente de cannabidiol.
Un produit fini CBD doit afficher 0% de THC
Le cadre légal ne souffre aucune ambiguïté : « Les produits, y compris les e-liquides CBD, sont interdits s’ils contiennent du THC, quelle que soit la teneur, et s’ils ne proviennent pas de variétés et de parties végétales autorisées. » Ce rappel vise à dissiper une confusion tenace. Plusieurs magasins fermés ces derniers mois arguaient que la présence de THC jusqu’à 0,2% était tolérée. Faux, précise la MILDECA : ce taux de 0,2% concerne la plante brute, jamais le produit final. Les contrôles réalisés par les autorités sur de nombreux articles étiquetés « CBD légal » ont révélé la présence de THC, poussant à la fermeture immédiate des points de vente concernés.
Seules les graines et fibres de chanvre sont autorisées
Les boutiques spécialisées ont longtemps mis en avant des sachets composés de fleurs et de feuilles de chanvre. Cette pratique s’est heurtée à la réglementation : « Seules les graines et les fibres sont utilisables. L’usage des fleurs est interdit », rappelle la MILDECA. Pour se procurer des produits conformes, il existe des sites spécialisés, comme haschill.com, qui se conforment à ces exigences.
La vente d’e-liquides CBD est encadrée
Fabriquer et vendre des e-liquides à base de CBD dans un magasin ou un bureau de tabac reste possible, à condition de respecter la liste des variétés et parties de plantes autorisées. Avant de se lancer, mieux vaut choisir un fournisseur de CBD qui maîtrise la législation et n’utilise que des équipements conformes à la réglementation française. Un autre point fondamental : le CBD ne doit en aucun cas être vendu ou présenté comme un médicament, sauf si le produit a obtenu l’autorisation nécessaire.
La communication autour du CBD doit éviter toute ambiguïté avec le cannabis
Ouvrir une boutique CBD légale en France, c’est aussi faire preuve de prudence sur sa communication. Il s’agit d’éviter toute confusion possible avec le cannabis à usage récréatif. Souligner des effets psychotropes constituerait une erreur lourde de conséquences. Sur ce point, la MILDECA reste très claire : « Certaines publicités pour des produits CBD entretiennent l’amalgame avec le cannabis, ce qui peut être interprété comme une incitation à la consommation de stupéfiants. Cette pratique pourrait constituer une infraction pénale. »
En résumé ? Monter sa boutique CBD demande une vigilance de tous les instants, du choix du fournisseur à la rédaction des étiquettes. L’univers du cannabidiol n’a rien d’une zone grise : il impose une discipline nette, sous peine de voir ses portes se refermer aussi vite qu’elles se sont ouvertes. Le marché du CBD attire, mais il ne pardonne pas l’improvisation.


