Les chiffres ne mentent pas. Pour qui rêve de plages infinies, de surf ou de cités vibrantes, le Mexique promet mille évasions. Pourtant, derrière la carte postale, certaines villes affichent des taux de criminalité qui font froid dans le dos. Les autorités américaines, appuyées par les rapports du Citizen Council for Public Security and Criminal Justice, mettent en garde : certains coins du pays sont à éviter, même pour les plus téméraires. Homicides, enlèvements, carjackings, vols… voici douze villes mexicaines où la prudence ne suffit plus.
12. Mazatlan
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- 39,32 homicides pour 100 000 personnes
Mazatlan, station balnéaire de Sinaloa, attire les regards avec son port animé, le plus vaste entre Los Angeles et le canal de Panama. Pourtant, derrière cette façade maritime, la ville de 488 281 habitants a recensé 192 homicides en 2017. Selon USA Today, le département d’État américain maintient une vigilance renforcée sur l’État de Sinaloa. Ici, les crimes liés au trafic de drogue dominent l’actualité. Pour ceux qui persistent à y séjourner, l’inscription au programme STEP (Smart Traveler Enrollment Program) s’impose, afin de faciliter leur localisation en cas d’urgence.
11. Reynosa
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- 41,95 homicides pour 100 000 personnes
Reynosa, ville frontalière du Tamaulipas face à McAllen (Texas), a vu 294 homicides pour 701 525 habitants en 2017. La dislocation d’un des cartels majeurs a fait exploser la violence, avec des affrontements sanglants entre les groupes du Golfe et de Zetas. Le gouverneur local a même recommandé à ses concitoyens d’éviter de traverser Reynosa pour rejoindre les États-Unis. Les plages du Tamaulipas restent prisées, mais la vigilance des voyageurs est constamment rappelée.
10. Tepic
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- 47,09 homicides pour 100 000 personnes
La capitale de l’État de Nayarit, Tepic, a comptabilisé 237 homicides pour 503 330 habitants en 2017. La montée des violences attribuées aux cartels a poussé l’ambassade américaine à sonner l’alarme fin 2017. Les employés du gouvernement américain n’ont même plus l’autorisation de se rendre à Tepic ; les voyageurs sont expressément invités à éviter la zone et à renforcer leurs précautions.
9. Ciudad Obregón
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- 48,96 homicides pour 100 000 personnes
Avec 166 homicides pour 339 000 habitants, Ciudad Obregón, dans le Sonora, affiche un contraste saisissant entre les déclarations rassurantes de son site officiel et la réalité du terrain. Le département d’État américain classe la région parmi les points névralgiques du trafic de drogue et d’êtres humains. Les consignes sont claires : tant que la situation ne s’apaise pas, mieux vaut repousser tout séjour non indispensable.
8. Chihuahua
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- 49,48 homicides pour 100 000 personnes
Chihuahua, plus grande ville de l’État éponyme, a totalisé 460 homicides pour 929 884 habitants en 2017. Si la région n’a pas été placée au niveau d’alerte maximal (réservé à cinq autres États mexicains), elle fait tout de même l’objet d’un avertissement de niveau 3, invitant fortement les Américains à repenser leurs projets de voyages dans la zone. Un classement qui rapproche Chihuahua des pays en guerre, d’après CBS News.
7. Ciudad Juárez
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- 56,16 homicides pour 100 000 personnes
En 2017, Ciudad Juárez (1 448 859 habitants) a recensé 814 homicides. Ville industrielle sur le Rio Grande, juste au sud d’El Paso, elle a longtemps été surnommée « ville du meurtre » pendant la flambée de violence des cartels entre 2008 et 2012. Si les visiteurs étrangers ne sont pas spécifiquement ciblés, les risques de vols, carjackings et cambriolages restent élevés. Après une légère accalmie, les chiffres repartent à la hausse depuis 2016.
6. Culiacán
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- 70,10 homicides pour 100 000 personnes
Culiacán (957 613 habitants, 671 homicides en 2017), capitale du Sinaloa, campe à une heure de la côte Pacifique. La ville évoque immédiatement le narcotrafic pour la majorité des Mexicains. Sinaloa est depuis plus d’un siècle l’épicentre des cartels, et Culiacán en reste le foyer le plus emblématique. Ici, la criminalité n’est pas un simple fait divers : elle fait partie du paysage urbain.
5. Ciudad Victoria
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- 83,32 homicides pour 100 000 personnes
Ciudad Victoria, 301 homicides pour une population de 361 078 habitants, paie le prix des affrontements constants entre cartels rivaux dans le Tamaulipas. Les rues sont le théâtre de fusillades non seulement entre criminels, mais aussi face aux forces de l’ordre. Même les prisons n’échappent pas à la violence : en 2017, une fusillade à l’intérieur d’un centre pénitentiaire a fait sept morts et treize blessés. Depuis des années, le cartel Zetas y impose sa loi.
4. La Paz
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- 84,79 homicides pour 100 000 personnes
À La Paz, capitale de Basse-Californie du Sud, la réalité contredit le nom de la ville (« paix »). En 2017, 259 homicides pour 305 455 habitants. Les panoramas de plages et de montagnes cachent une montée de la violence, poussant le département d’État américain à recommander la plus grande prudence dans la région. Des corps ont été retrouvés sur les routes menant aux aéroports locaux, tandis que les touristes étrangers restent majoritairement épargnés par les règlements de compte entre gangs.
3. Tijuana
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- 100,77 homicides pour 100 000 personnes
Tijuana, ville frontière à la circulation la plus dense au monde avec plus de 50 millions de passages annuels, a enregistré 1 897 homicides pour 1 882 492 habitants en 2017. Malgré les inquiétudes répétées de Donald Trump sur la violence traversant la frontière, San Diego affiche, à titre de comparaison, seulement 35 homicides cette même année. Si Tijuana fait l’objet d’une surveillance policière importante côté américain, sa voisine mexicaine demeure l’un des points chauds du pays.
2. Acapulco
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- 106,63 homicides pour 100 000 personnes
Acapulco, perle déchue du Pacifique, a vu ses jours de gloire s’estomper. En 2017, 910 homicides pour 853 646 habitants. Autrefois terrain de jeu du jet set, les Kennedy y ont passé leur lune de miel, la ville est aujourd’hui marquée par des violences liées non seulement aux cartels, mais aussi à des tensions sociales et institutionnelles profondes. Pourtant, le flux touristique ne tarit pas, porté notamment par une initiative locale d’assistance aux visiteurs.
1. Los Cabos
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- 111,33 homicides pour 100 000 personnes
Los Cabos, à la pointe sud de la Basse-Californie, surclasse toutes les autres villes avec 365 homicides pour 328 245 habitants en 2017. Malgré sa réputation de station balnéaire de rêve, la violence a gagné du terrain, poussée par des affrontements entre cartels rivaux. Le New York Times rappelle que, ces derniers temps, même les plages paradisiaques ne sont plus à l’abri de la brutalité. Les fusillades récentes à Los Cabos, Cancún ou Playa del Carmen illustrent une réalité dérangeante : la criminalité n’épargne plus les hauts lieux du tourisme. Reste à savoir combien de temps encore le Mexique pourra conjuguer attractivité et insécurité sans basculer d’un côté ou de l’autre.













