Les fonctionnaires en guerre pour leur pouvoir d’achat

Les fonctionnaires en guerre pour leur pouvoir d’achat

La grande journée de mobilisation prévue le mardi 10 octobre à l’appel de tous les syndicats paralyse le pays. Salariés du public et du privé sont en grève pour protester contre la modification de la Loi Travail. En tête des cortèges, les fonctionnaires, qui estiment être les grands perdants.

La bataille des chiffres

Le gouvernement Macron a assuré que le pouvoir d’achat de tous les travailleurs va augmenter, mais les fonctionnaires ne l’entendent pas de cette oreille. La totalité des fédérations syndicales dénonce une baisse du pouvoir d’achat, et pour l’expliquer, elles se basent sur des chiffres. Pour les fonctionnaires, le gouvernement a tord quand il affirme le pouvoir d’achat augmentera de 4 % cette année.

En effet, il avance plusieurs éléments pour justifier ce chiffre, à commencer par la hausse du point d’indice, la revalorisation des carrières (mise en place par le gouvernement précédent et dont l’application commencera cette année), l’avancement des fonctionnaires au titre de l’ancienneté et les promotions individuelles. Or pour les syndicats, le seul élément de base doit être le point d’indice, qui concerne tous les travailleurs, au contraire des promotions et de l’avancement.

Pour le privé en effet, ces deux critères permettent uniquement de récompenser l’implication du salarié et ne servent pas à faire face à la hausse des prix.

Des avantages flous

Pour le syndicat Solidaires Fonction Publique et Denis Turbet Delof : « Quand vous mettez tout ça mélangé, vous noyez le poisson, parce qu’on vous dit que votre pouvoir d’achat augmente, oui, globalement, mais pas pour tout le monde, et des agents pour une année donnée n’obtiennent absolument rien. ». En plus de ces contestations, le sujet concernant la hausse de la CSG est également houleux. Si le gouvernement a expliqué que celle-ci serait compensée, les fonctionnaires ignorent encore sous quelle forme cela se fera. Cependant, le Premier Ministre Édouard Philippe s’est montré récemment rassurant, affirmant à nouveau que la hausse de la CSG sera « totalement neutralisée » pour les fonctionnaires comme pour les salariés du privé.

Les fonctionnaires estiment que l’accumulation de mauvaises nouvelles de la part du gouvernement (restauration d’un jour de carence, confirmation de la suppression de 120 000 postes d’ici 5 ans, gel des rémunérations…) entraîne un ras-le-bol, comme le résume Luc Farré de l’UNSA : « Toutes les annonces du gouvernement ont été négatives, et les agents n’ont pas confiance ».

Ils attendent beaucoup du prochain rendez-vous salarial aura lieu le 16 octobre prochain.